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Trekking à Masoala


Journal de voyage – Notre trekking à travers la presqu‘île de Masoala en septembre

Cela fait maintenant un mois que nous sommes rentrés de Madagascar. C’était un incroyablement beau et passionnant voyage. Il nous a fallu environ deux semaines à notre retour, avant de pouvoir reprendre possession de notre vie ici en Suisse… L’avion est trop rapide. L’âme et l’esprit ne voyagent pas si vite. Il faut dire que nous avons été immergés dans un tout autre monde, si fascinant…

Notre avion aurait dû décoller de Paris à 15h. Mais Air Madagascar ayant rencontré un incident, et ayant dû affréter un autre appareil, nous ne pourrons partir que 12 heures plus tard. Alors, que faire ? Nous avons pris le train d’Orly jusqu’au centre de Paris, et nous nous sommes balladés le long de la Seine, avons visité le Centre Pompidou et dîné à Paris. Durant la soirée, nous sommes retournés à l’aéroport. Et là, autres nouvelles : le départ n’est prévu qu’à deux heure du matin. Après 11 heures de vol de nuit, nous sommes arrivés relativement fatigués dans la capitale de Madagascar. Un chauffeur nous a emmené à l’hôtel, où nous avons pu nous reposer pour enfin entrer dans ce monde étranger.

Le jour suivant, nous nous sommes envolés pour la Côte Est, à nouveau environ deux heures et demi de vol. Depuis Sambava, un chauffeur nous a conduits, le long de l’Océan Indien, dans la nuit et sous la pluie, pour un trajet de 90 km vers le sud, à Antalaha, point de départ de notre trek. Après le calme d’une nuit au bord de la mer dans un joli bungalow, et après une visite de la localité, nous avons rencontré notre guide et les 4 porteurs qui allaient nous accompagner.

Voilà, nous y sommes. Un trajet en voiture nous a emmené à Cap Est (le point le plus à l’Est de Madagascar) sur une piste cahotante et pleine de trous. Première nuit sous la tente. Le jour suivant, départ à pied pour une randonnée de 7 jours au cœur de la forêt primaire.

Nous sommes deux, et sommes accompagnés de 5 malgaches : notre guide, Nayel, un riziculteur de 61 ans, connaisseur expérimenté de la forêt primaire, nous ca conduit de manière très compétente. Il a pu nous montrer beaucoup de choses et nous transmettre ses connaissances sur les plantes, les arbes, les animaux, et sur la culture malgache. Les quatre jeunes accompagnants portaient les tentes, les ustensiles de cuisine, et nos sacs à dos les plus lourds. Tous ont été très gentils avec nous, et sont devenus tout au long du voyage comme des amis. Lorsque nous arrivions le soir fatigués à notre lieu d’étape, les tentes étaient la plupart du temps déjà montées et le feu allumé. Ils se sont occupés de nous de manière très touchante, en nous préparant trois fois par jour, repas, thé et café.

Les étapes étaient assez épuisantes, à marcher dans la boue, sur des pistes glissantes et parfois pentues, à travers la jungle et les rivières. L’étape la plus longue a duré environ 8 heures, avec une quinzaine de rivières à franchir –avec l’aide du guide lorsque le courant était plus fort, et parfois avec de l’eau jusqu’à la taille. Ce jour-là nous avons pu contempler une merveille au centre de la forêt primaire : une cascade d’environ 70 m de haut..

Nous avons également pu voir beaucoup d’espèces particulières de plantes, arbres et caméléons, comme rarement d’autres personnes le peuvent. Dans les quelques petits villages traversés, nous, les Blancs, étions regardés avec étonnement, surtout par les enfants. Là-bas, des Blancs ne passent dans la région au mieux qu’une fois par mois, parfois par trimestre..

Le dernier jour du trekking, avant l’arrivée à Maroantsetra, nous avons navigué durant une heure dans une pirogue, glissant sur les canaux le long de la mer. Arrivés à l’hôtel, il était temps de dire adieu à notre équipe. Nos pieds n’étaient pas en bon état. Comme nous avons dû traverser les rivières avec nos chaussures, elles étaient toujours mouillées et pleines de sable. En marchant ainsi durant des heures, nos pieds se sont retrouvés en sang. Des soins se sont avérés urgents.

Le lendemain, ce fut le vol retour dans la capitale. Là, repos à l’hôtel et soins de nos pieds blessés étaient au programme. Heureusement, Gaby s’y connaît. Après quelques achats dans une pharmacie, ils ont été désinfectés, soignés et pansés.

Le matin suivant, le chauffeur est venu nous chercher tôt et nous accompagnés à l’aéroport. A nouveau, direction Côte Est, à destination de l’Ile Sainte-Marie, environ 200 km au sud de Masoala, parallèle à la côte est de Madagascar.

Sur l’île, l’on nous a amenés dans un mignon bungalow, construit comme les huttes des habitants. Nous avions une plage privée « des mers du sud » idyllique, au beau sable blanc s’étirant sous de nombreux palmiers. Là, nous avons pu magnifiquement nous détendre, et bientôt nos pieds se sont retrouvés en bien meilleur état. Nous avons pu découvrir l’île à vélo et à pied, mais aussi simplement marcher le long de la plage, ou rester assis devant le bungalow, tout en observant la mer ou en lisant. Nous avons pris une fois un bateau pour sortir en mer, et deux spécialistes nous ont emmenés observer de tout près durant près de trois heures, des baleines à bosse avec leurs petits. Ce fut une expérience incroyable ! Les baleines à bosse (environ 15 mètres, les jeunes faisant env. 4 mètres) remontent de l’Antarctique jusque dans cette baie, dans une mer plus chaude, afin d’y donner naissance à leurs petits. A fin septembre, elles retournent plus au sud.

Après une semaine dans l’île, nous sommes retournés dans la capitale Antananarivo, cette fois, dans un petit appareil de 14 places. Le jour suivant, après une petite excursion dans la ville, il était temps de prendre congé et prendre le vol de retour.

Ce voyage restera pour nous à jamais inoubliable. C’était une aventure extraordinaire et formidable !

Nous avons promis à notre équipe de leur envoyer des photos du trekking, ce que nous avons fait dès notre retour, par une lettre adressée à chacun. Lors de nos adieux à Madagascar, et à titre de petit remerciement, nous leur avions offert une Swatch à chacun, ce qui leur a fait grand plaisir.

Urs von L.

(traduction libre, texte original en allemand : http://madagaskarhaus.ch/reiseberichte-2/masoala-trekking/

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