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Situation Corona mi-Juin Madagascar

Situation Corona mi-Juin Madagascar

Situation Corona mi-Juin Madagascar

Bonjour, je m’appelle Fanasina. Aujourd’hui, ce 16 Juin 2021, je vais vous donner un aperçu de la situation actuelle de Covid-19 à Madagascar.

Vous avez certainement lu dans les journaux ou vu à la télévision que Madagascar avait subi une deuxième vague de la pandémie en Avril dernier. Ceci était dû en partie à cause de l’arrivée du virus sud africain dans notre pays.

Antananarivo, la capitale, était l’épicentre de la pandémie. Chaque jour, on entendait les klaxons des ambulances. Les hôpitaux étaient bondés, le personnel soignant était débordé et les médicaments venaient à manquer. Il y a eu de nombreux décès. Jamais Madagascar n’avait connu un taux aussi élevé de mortalité durant cette pandémie ! Et pour faire face à cette recrudescence de la Covid-19,  Antananarivo a été mise en quarantaine et en confinement total le weekend. Dans les autres régions, les mesures étaient moins drastiques.

Afin de contrecarrer cette deuxième vague féroce, le gouvernement a finalement adhéré à l’initiative COVAX organisée par l’OMS. 250.000 doses de vaccin Covishield sont arrivées à Antananarivo le 8 Mai dernier. Ce Covishield est un vaccin indien, équivalent à l’AstraZeneca. Des vaccinodromes ont été créées. Les agents de santé, les travailleurs sociaux, les forces de l’ordre, les personnes vulnérables et plus de 70 ans étaient prioritaires. Néanmoins, le ministère de la santé a décidé d’étendre la vaccination à une population plus large vu l’approche de la date de péremption du vaccin.

Depuis le 31 Mai, Antananarivo n’est plus en quarantaine. La vie a repris son cours. Les nouveaux cas de Covid-19 ont considérablement diminué. Et il en est de même pour les décès. Nous avons passé le pic. Néanmoins, nous continuons à rester vigilants et à toujours respecter les gestes barrières.

Nous, à la PRIORI, avons  été vaccinés la semaine dernière afin de nous protéger et de vous protéger quand vous viendrez visiter notre pays. Eh oui ! Nous espérons que les frontières s’ouvriront bientôt et que nos activités reprendront. Nous nous ferons une joie d’organiser votre voyage et de vous faire découvrir notre Grande Ile où la faune et la flore sont exceptionnelles et endémiques. Alors, n’hésitez surtout pas à nous contacter ou à visiter notre site web pour avoir plus d’informations sur nos activités.

En attendant, restez en bonne santé et prenez toujours soin de vous. Veloma de Madagascar !

Vaccination contre la Covid-19 dans le vaccinodrome

Vaccination contre la Covid-19 dans le vaccinodrome

Vaccination Corona Vaccinodrome Madagascar

Vaccination Corona Vaccinodrome Madagascar

(Antananarivo, 11 juin 2021) Dans la capitale Antananarivo, tôt le matin, l’équipe de PRIORI s’est rendue au vaccinodrome des Nations Unies.  En effet, la crédibilité des Nations Unies auprès de la population est bien supérieure à celle des autres sites de vaccination. Ceci s’explique également par le fait que les gens sont plus convaincus  de la garantie de la chaîne de froid des Nations Unies qu’en celle de l’Etat. Malheureusement, après une heure d’attente dans la longue file, on leur a dit que le quota de vaccination pour la journée était déjà atteint et qu’il fallait revenir le lendemain.

Il leur a été aussi recommandé de se rendre à l’hôpital public HJRA où le vaccinodrome était aussi fiable que celui des Nations Unies et qu’il n’y avait aucune crainte à avoir.

Là-bas, le processus de vaccination était mieux organisé. Néanmoins, il a fallu deux heures et demie à l’équipe de PRIORI avant d’être vaccinée.

Des tentes avec des sièges étaient disponibles comme salles d’attente. Les personnes désireuses de se faire vacciner se déplaçaient d’une tente à l’autre en fonction du rythme des vaccinations.

Durant cette attente, un docteur expliquait la procédure de la vaccination et les médicaments à prendre en cas de malaises.  Il demandait également de préparer la carte d’identité et l’adresse de chacun pour remplir la fiche d’information.

Après la file d’attente, le processus de vaccination se faisait en 4 étapes dans 4 tentes différentes.

D’abord, les personnes entraient dans une première tente où leur température était prise.

Dans la deuxième tente, le personnel de santé les interrogeait sur leur âge, leur adresse, leur profession, leurs maladies et les médicaments qu’elles prenaient. Ensuite, on leur remettait la carte de vaccination („karatra vaksiny“) à moitié remplie par leurs informations personnelles.

Dans la troisième tente, « Etape vaccin », le professionnel de santé vérifiait la carte de vaccination afin de s’assurer de l’identité du patient. Et avant d’administrer le vaccin, il lui demandait s’il avait des maladies chroniques telles que diabète, hypertension ou allergie. Ceci permettait de déterminer le risque de l’injection. Ensuite, le patient recevait sa première dose du vaccin indien Covishield, équivalent au vaccin AstraZeneca.

Enfin, dans la quatrième tente, les personnes vaccinées été invitées à s’asseoir pendant quinze minutes.  Et un médecin venait dans la tente pour constater l’absence des effets indésirables avant de les laisser partir avec la carte de vaccination tamponnée. Les personnes étaient officiellement vaccinées !  „Vita vakisiny“ (« Je suis vaccinée »).

En quittant le vaccinodrome, les mains devaient à nouveau être soigneusement lavées.

Dans la soirée, un léger mal de tête et une sensation de fatigue s’étaient installés. Mais le lendemain, ces symptômes avaient disparu.

Les personnes devront se faire administrer une deuxième injection dans un mois. Toutefois, la prochaine livraison du vaccin n’arrivera pas avant Septembre.

Vaccination Corona Vaccinodrome Madagascar
Contexte Madagascar
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) des Nations Unies organise l’accès aux vaccins dans le cadre de l’initiative COVAX. Jusqu’à présent (juin 2021), 132 millions de doses de vaccin ont été données dans le monde entier. Cela devrait également permettre aux pays pauvres d’avoir accès aux vaccins.

En 2020, le président de Madagascar, Andry Rajoelina, avait fait la promotion du Covid-Organics (CVO), une décoction à base d’Artemisia qui serait un traitement préventif et curatif contre le coronavirus. Cette boisson, appelée « Tambavy » en malgache,  était développée et produit par l’IMRA (Institut malgache de recherches appliquées). Convaincu de l’efficacité du Covid-Organics, le président incitait activement ses 28 millions d’habitants à le boire.

Il avait même refusé de participer au COVAX, tout comme l’Érythrée, le Burundi et la Tanzanie.  Ce n’est qu’en avril 2021, et face à une deuxième vague féroce du coronavirus,  qu’il a accepté de recevoir les doses – gratuites – du vaccin. Et en mai, 250 000 doses sont arrivés à Madagascar.

Madagascar est l’un des derniers pays d’Afrique à se faire vacciner.  Les agents de santé, les travailleurs sociaux, les forces de l’ordre, les personnes vulnérables et plus de 70 ans sont prioritaires. Néanmoins, le ministère de la santé a décidé d’étendre la vaccination à une population plus large vu l’approche de la date de péremption du vaccin.


Vaccination Corona Vaccinodrome Madagascar

Pâques à Madagascar

Des fêtes de Pâques pas comme les autres …

Normalement, je passe toujours les fêtes pascales auprès de ma famille à Tamatave, sur la côte est. Cette fois-ci, ce n’est malheureusement pas possible à cause de Covid-19.

Bettina, PRIORI Antananarivo Madagascar

Bettina, PRIORI Antananarivo Madagascar

En effet, depuis quelques semaines, la Covid-19 sévit surtout la capitale, Antananarivo (Tana). Chaque jour, on entend les sirènes des ambulances qui transportent les malades. Ces sirènes sont hélas devenues notre quotidien… Et la ville de Tamatave n’est pas non plus épargnée par ce virus mortel ! J’ai même appris que certaines de mes connaissances ont succombé de la Covid-19 …

Et pour éviter d’être contaminés ou de contaminer ma famille à Tamatave, mon mari, mon fils et moi décidons de passer les fêtes pascales à Tana.

Nous assistons à la messe de Pâques. En tant que chrétiens, Pâques est une fête importante. Elle rappelle la mort et la résurrection de Jésus. Et nous la célébrons à l’église chaque année (cette fois-ci à Tana).

Ensuite, nous profitons du beau temps pour sortir un peu de Tana, en empruntant la route nationale 1, en direction d’Ambatomirahavavy, bourg prisé pour la dégustation du maïs grillé et ses fruits tels que kakis et patates douces.

La circulation est très fluide. Les gens sont sûrement chez eux et fêtent Pâques en famille avec un bon repas spécial, un peu de musique etc … tout en respectant les gestes barrières.

Nous longeons des rizières, des briqueteries et quelques zébus. Entre le vert des rizières, le rouge des briques et le bleu du ciel, le contraste des couleurs est juste magnifique. Nous roulons une vingtaine de kilomètres jusqu’à ce que nous apercevions les marchands avec leurs étals de fruits et leurs marmites sur le feu. Les diverses couleurs des fruits sont attrayantes et incitent les automobilistes à s’arrêter. C’est ce que nous faisons. Sur les étals, on a l’embarras du choix avec les fruits de saison tels que les kakis, les avocats, les goyaves, les pastèques etc … Dans les marmites, du maïs (Katsaka), de la patate douce (Vomanga), du taro (Soanjo) n’attendent qu’à être dégustés … Et n’oublions pas le fameux « Solovolo » qui est un gâteau de maïs pilé, emballé dans des feuilles de maïs et cuit à la vapeur. Il faut absolument le goûter !

Après avoir acheté divers fruits, nous rentrons à Tana. Cette petite sortie dans la région d’Itasy nous a revigorés. Elle nous a permis, « d’oublier », durant quelques heures, la pandémie et ses conséquences sur notre vie et notre travail …

Et bien que j’aie voulu être auprès de ma famille durant le weekend pascal, je me dois d’être raisonnable et des sacrifices sont de mise en cette période de pandémie. Et quand la Covid-19 sera enfin maitrisée, la vie reprendra son cours normal et j’aurai de multiples occasions d’être avec ma famille à Tamatave pour célébrer Pâques, Pentecôte, Noël ou Nouvel an ensemble.

Antananarivo, 06. Avril 2021, Bettina, PRIORI Antananarivo Madagascar

Madagascar Corona: vivre à Tamatave

Madagascar Corona: vivre à Tamatave

Une jeune étudiante raconte de sa vie actuel à Tamatave / Toamasina Madagascar.

Madagascar Corona: vivre à Tamatave
(03. Juin 2020) Vivre à Tamatave ce n’est pas facile surtout il y a le confinement d’un côté ; Tamatave est l’un de la grande ville le plus touchée du coronavirus à Madagascar avec les infectés qui n’arrêtent pas de s’accroitre et surtout et il est la ville qui a plus de mort actuel. Tamatave est très vaste avec de nombreuses populations alors c’était difficile pour les autorités au début d’empêcher les gens de sortir chez eux.

En raison de mes études j’étais obligée de rentrer à Tamatave, la fac m’envoyait un message concernant la reprise de cours, alors je suis rentrée. La première semaine de mon arrivée la situation est encore vivable, car il n’y avait eu pas encore un mort et les infectés étaient guéris par « le fameux jus » fabriqué par le gouvernement, mais seulement on peut sortir que le matin jusqu’à midi.

Pour sortir il faut toujours prudent en respectant les mesures que le gouvernement a imposés : porter du masque et respecter l’espace d’un mètre car on ne sait jamais qui sont les porteurs du virus. Mon cours se passait bien aussi d’un côté, comme on a que seulement la demi-journée pour travailler, c’était la routine c’est évident ; mais en rentrant c’est là le problème car le pousse-pousse et le tuc-tuc sont très rares qui passe par la route.

Madagascar Corona: vivre à Tamatave
Mais la situation s’est aggravée parce qu’il y a plus en plus infectés par le virus et il y a eu des morts aussi, du coup l’Etat a pris une mesure de clôturer Tamatave c’est-à-dire aucune sortie et aucune entrée, c’est interdit de franchir la zone. La vie dure a commencé à ce moment car c’est difficile pour les agriculteurs de faire entrer leurs produits à Tamatave à cause de la route coupée, alors les prix des produits qu’on a besoin à première nécessité ont augmenté de plus de 40% (riz, huile, sucre, légumes, charbon…)  Et d’un côté à cause du confinement nombreux ceux qui ont perdu leur travaille et ceux qui sont en « chômages technique », c’est triste de voir les gens de chercher ce qu’ils vont manger, la plupart de Malagasy vit le jour au jour, pourtant ils n’ont que le matin pour en chercher ; et par conséquence on vit dans l’insécurité car les gens sont affamés et depuis cette crise il y a plus de cambriolage chaque nuit et comme j’habite toute seule c’est vraiment l’angoisse quand il fait nuit.

Actuel ma dépense a deux fois plus à cause la hausses de prix des produits ainsi que l’électricité, mais ce que je n’aime pas c’est de rester à la maison toute l’après-midi, moi avec mon chat en regardant les quatre murs, psychologiquement ça me rend folle, mais pour le bien de tous il faut rester chez soi et éviter de fréquenter les autres même si mes amis me manquent. Mais l’ironique dans ce confinement c’est que l’Etat envoie des forces de l’Ordre, des commandos comme si le coronavirus est un être vivant et a peur des armes.

Madagascar Corona: vivre à Tamatave
Chose que j’ai appris dans ce confinement les Malagasy sont des égoïstes, c’est vrai il y a des bonnes personnes qui donnent son aide pour les autres mais d’autre part il y a ceux qui profitent la situation et s’enrichir pour remplir ses poches en augmentant les prix de produits pourtant le gouvernement a interdit cela.

Corona à Madagascar

Le coronavirus à l’heure malagasy témoinage écrit par une habitante d’Antananarivo (Avril 2020)

Corona à Madagascar:

Depuis l’annonce de l’existence du coronavirus  à Madagascar, le 20 mars 2020. Les cas augmentent chaque jour. En 10 jours de confinement, 57 cas ont été annoncés. Les mesures de préventions sont renforcées mais les malagasy font quasiment la sourde oreille.

Voilà que dans la soirée du 20 mars 2020, le  Président  de la République Andry Rajoelina annonce l’existence de 3 cas de coronavirus Covid19 à Madagascar. Les cas sont importés de France via les différents vols desservant les deux pays du 17 au 19 mars 2020. Les mesures de prévention sont annoncées  pour 15 jours qui viennent: les manifestations publiques, culturelles, cultuelles, sportives ou autres sont interdites les écoles et les universités sont fermées. Les gestes de prévention à respecter ont été communiqués.

Corona à Madagascar (21 mars dernier):

Madagascar est  déclaré en état d’urgence sanitaire face à la pandémie de coronavirus.

La veille, la nouvelle s’est abattue comme un  couperet  sur les malagasy mais dès le lendemain de l’annonce, les réactions divergent. Certaines personnes ont pris  les déclarations officielles à la légère et d’autres ont immédiatement adoptés les mesures de précaution préconisées. Toujours est-il que généralement, les mesures ne sont pas appliquées à la lettre. Respecter ou faire respecter la distance d’un mètre est quasiment impossible dans la rue, surtout sur les marchés.

Devant une pharmacie du quartier,  une queue longue de 50m, s’est vite formée dès que celle-ci a ouvert ses portes. Les personnes cherchent à se fournir de masques et d’autres médicaments. Les personnes qui font la queue ne pensent même pas au respect de la distance, l’urgence est aux masques  et personne ne se soucient du prix. Nécessité oblige. Un masque jetable s’achète à 8.000 ariary (presque 2 euro).

Plus loin, un groupe de jeunes hommes se moquent  ouvertement  des personnes qui font la queue et continuent de s’échanger des blagues sur le coronavirus. Eux non plus ne se soucient pas des mesures préconisées.

Il y a ceux qui optent pour le déni et ce sont ces personnes qui cherchent leur gagne-pain  au jour le jour.  Ce jeune homme qui travaille comme mécanicien  dans mon quartier n’a rien changé de ses habitudes. Il arrive sur les lieux de son travail avec ses outils  à ses heures habituelles et commence à attendre ses copains et les voitures à réparer. Interrogé sur ses moyens de déplacement, Il affirme qu’il est venu à pied. Il habite à deux heures de marche de son lieu de travail.  Il ne s’alarme d’aucune mesure et affirme que le coronavirus est encore une pure invention des autres et que maladie n’existe pas.  Les vendeurs de légumes dans les quartiers en font autant. Rita vend des fruits dans le quartier et elle ne pense qu’à liquider ses marchandises avant midi. Elle interpelle les clients et va même jusqu’à les toucher pour les interpeller.  Interrogée sur sa façon d’agir. Elle répond qu’elle ne sait plus. Elle est dépassée par les évènements.  Chaque matin, les mères de familles se dépêchent de se rendre au marché  du quartier de bon matin pour éviter l’heure des affluences et ce, pour reconstituer leur stock de vivre.

Pourtant au lendemain de l’annonce, les huiles, les graines sèches comme les haricots ou les pois bambara secs, les pâtes ont  rapidement disparus des épiceries en un rien de temps.  Les citrons et les gingembres ont suivi. Ces deux produits sont réputés comme des produits efficaces pour se prémunir de la toux, de la grippe et pourquoi pas du Covid 19. Depuis leur prix ont augmenté : le citron qui a côuté 200 ariary, s’achète  désormais à 500 ariary. Dès le lendemain, feuilles de « ravintsara » et d’ « eucalyptus globulus » ont inondé les marchés de quartier et les rues.  L’Eucalyptus globulus  est longtemps considéré par les Malagasy comme une plante médicinale pour alléger les effets de la toux  et alléger la fièvre. Le ravintsara n’est pas très bien connu mais aucune importance, autant prendre ce qui est disponible.  En effet,  leur odeur aromatique, bouillie avec de l’eau ou brûlée lorsqu’elles sont sèches, dégage les voies respiratoires et tue le virus.  Les malagasy ont toujours l’habitude de recourir aux remèdes des grand-mères et plus d’un foyer a sûrement adopté ces remèdes chez soi.

Corona à Madagascar (Dimanche 22 mars):

Rien ne semble perturber l’habitude  des Malagasy. Seuls, les services religieux ont été dispensés via internet mais tout le monde a pu encore se déplacer et vaquer à leur tâche dominicaine. Comme l’école est fermée, ma voisine a expédié ses  enfants chez leurs grands-parents  à la campagne et d’autres voisins ont accueilli des enfants chez eux. Ou vice-versa, les seniors qui vivent seuls se rendent chez leur enfants en ville.    Ma mère vivant toute seule m’a tannée en arrivant chez moi « Pourquoi m’avez-vous demandé de me rendre tout de suite à Tana sans me donner le temps de me préparer? ». Le lendemain, elle m’a remerciée d’avoir pris les bonnes dispositions sinon, elle serait coincée toute seule chez elle durant 15 jours, et le marché le plus proche est à une demi-heure de chez elle.

Pour moi, j’ai dû me rendre avec mon fils et sa famille m’acquitter des obligations sociales chez la famille de mon autre belle fille. Elle a perdu la sœur de sa mère. Nous nous sommes entassés, 4 adultes et 2 enfants en bas âge dans une voiture à 5 places sans se soucier du respect de la distance. Devant la maison mortuaire. Une annonce nous rappelle les gestes à respecter.  Pourtant, après la présentation des condoléances, nous sommes encore restés un temps avec les membres de la famille qui font vont et viennent sans se soucier de rien. Nous avons encore envisagé d’assister à l’enterrement mais la situation a évolué. Du coup, le lundi j’ai dû me conformer aux nouvelles mesures et renoncer au rassemblement.  D’autant plus que j’ai attrapé une grippe carabinée.

La nuit du dimanche 22 mars, les mesures de prévention de la maladie ont été renforcées,  encore dispensées par le Président de la République. Tous les moyens de déplacement de personne (bus, taxi, taxi be,  tous les taxi-brousse) ont été suspendus, tout le monde doit se confiner chez soi mais les travailleurs privés doivent se référer à leur patron pour prendre les dispositions requises. Tous les points de vente de produits de première nécessité peuvent ouvrir leur porte jusqu’à midi. Les hôpitaux, les pharmacies, les banques, les tribunaux, les bureaux de sécurité, ainsi que les stations à essence sont ouverts. Une seule personne  par famille est autorisée à sortir pour faire l’achat de nourritures. Tous les marchés sont ouverts jusqu’ à midi. Des « Tsena mora » (marché dans le fokontany à prix très bas) dans chaque fokontany seront instaurés pour assurer le ravitaillement de la population. Les mesures concernent la capitale et Toamasina. Un couvre-feu est imposé la nuit dans ces deux villes

Corona à Madagascar (23 mars):

23 mars, les travailleurs dans les organes privés sont confrontés à des problèmes. Comment se rendre au travail.  Ceux qui vivent dans les zones suburbaines ne peuvent rien faire mais ceux qui peuvent se rendre au bureau à pied, y vont. La rue grouille de piétons, les uns masqués, les autres non.  Le stress semble marquer les visages.  L’anxiété ronge et le stress rongent le visage de tout un chacun mais personne ne se plaint. Tous les citoyens sont logés à la même enseigne: l’incertitude du lendemain.

Chaque jour à 13 heures, la situation du coronavirus est reportée sur tous les medias, publics et privés confondus  depuis le  centre opérationnel de commandement COVID-19 basé au Mining Business Center Ivato. Les produits de première nécessité existe sur le marché du quartier et les prix sont réguliers. Les autorités  y veillent et des agents inter-ministériels font une descente périodique  pour contrôler les prix dans les épiceries et les marchés des quartiers.

Corona à Madagascar (Vendredi 26 mars)

Coup de théâtre. Au journal officiel de 13 heures. Le nombre de cas de personnes atteintes du coronavirus s’est élevé à 24 avec un « cas contact », une personne qui n’a pas bougé du pays mais qui a côtoyé les porteurs d’une façon ou d’une autre.  Les intervenants ont également reporté leur constatation de la situation dans les rues et sont scandalisés par les attitudes des malagasy. Le respect des mesures n’est aucunement maintenu dans les rues. Les gens continuent de s’amasser lorsqu’un avènement survient localement (accident,…).   Aussi les mesures de contrôles  sont encore renforcées.  Ce jour, au milieu de l’après –midi, d’après un reportage télévisé,  je constate des barrages de contrôle, installées ici et là, des forces de l’ordre en patrouille. Des conducteurs sont interrogés sur leur destination et  sont   interdits de se rendre au cœur de la ville, certains ont été même refoulés et sont priés de revenir sur leur route. Le nombre de passagers sont contrôlés : 2 en voiture et 1 en moto. Les gens sont  simplement renvoyés chez eux.

Samedi. A partir de midi, les rues ont  été nettoyées et les gens ont été priés de rester chez eux.  En fin d’après-midi, les hommes continuent de discuter  en petit groupe dans la rue, cette fois-ci en respectant la distance d’un mètre.

Corona à Madagascar (A partir de lundi – 30 mars)

A partir de lundi (30 mars), des vivres ont commencé à être distribués à 240.000 personnes à Tana et à Toamasina, des personnes dont les professions sont les plus touchées par le confinement, aux handicapés et aux personnes âgées.

Les malagasy sont en attente de l’issue de l’évolution du coronavirus malagasy. Tout le monde est prié de s’apaiser.  Pour l’heure, le pays peut faire face à 2000 malagasy.

écrit par une habitante d’Antananarivo en mars / avril 2020