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Pâques à Madagascar

Des fêtes de Pâques pas comme les autres …

Normalement, je passe toujours les fêtes pascales auprès de ma famille à Tamatave, sur la côte est. Cette fois-ci, ce n’est malheureusement pas possible à cause de Covid-19.

Bettina, PRIORI Antananarivo Madagascar

Bettina, PRIORI Antananarivo Madagascar

En effet, depuis quelques semaines, la Covid-19 sévit surtout la capitale, Antananarivo (Tana). Chaque jour, on entend les sirènes des ambulances qui transportent les malades. Ces sirènes sont hélas devenues notre quotidien… Et la ville de Tamatave n’est pas non plus épargnée par ce virus mortel ! J’ai même appris que certaines de mes connaissances ont succombé de la Covid-19 …

Et pour éviter d’être contaminés ou de contaminer ma famille à Tamatave, mon mari, mon fils et moi décidons de passer les fêtes pascales à Tana.

Nous assistons à la messe de Pâques. En tant que chrétiens, Pâques est une fête importante. Elle rappelle la mort et la résurrection de Jésus. Et nous la célébrons à l’église chaque année (cette fois-ci à Tana).

Ensuite, nous profitons du beau temps pour sortir un peu de Tana, en empruntant la route nationale 1, en direction d’Ambatomirahavavy, bourg prisé pour la dégustation du maïs grillé et ses fruits tels que kakis et patates douces.

La circulation est très fluide. Les gens sont sûrement chez eux et fêtent Pâques en famille avec un bon repas spécial, un peu de musique etc … tout en respectant les gestes barrières.

Nous longeons des rizières, des briqueteries et quelques zébus. Entre le vert des rizières, le rouge des briques et le bleu du ciel, le contraste des couleurs est juste magnifique. Nous roulons une vingtaine de kilomètres jusqu’à ce que nous apercevions les marchands avec leurs étals de fruits et leurs marmites sur le feu. Les diverses couleurs des fruits sont attrayantes et incitent les automobilistes à s’arrêter. C’est ce que nous faisons. Sur les étals, on a l’embarras du choix avec les fruits de saison tels que les kakis, les avocats, les goyaves, les pastèques etc … Dans les marmites, du maïs (Katsaka), de la patate douce (Vomanga), du taro (Soanjo) n’attendent qu’à être dégustés … Et n’oublions pas le fameux « Solovolo » qui est un gâteau de maïs pilé, emballé dans des feuilles de maïs et cuit à la vapeur. Il faut absolument le goûter !

Après avoir acheté divers fruits, nous rentrons à Tana. Cette petite sortie dans la région d’Itasy nous a revigorés. Elle nous a permis, « d’oublier », durant quelques heures, la pandémie et ses conséquences sur notre vie et notre travail …

Et bien que j’aie voulu être auprès de ma famille durant le weekend pascal, je me dois d’être raisonnable et des sacrifices sont de mise en cette période de pandémie. Et quand la Covid-19 sera enfin maitrisée, la vie reprendra son cours normal et j’aurai de multiples occasions d’être avec ma famille à Tamatave pour célébrer Pâques, Pentecôte, Noël ou Nouvel an ensemble.

Antananarivo, 06. Avril 2021, Bettina, PRIORI Antananarivo Madagascar

tourisme Madagascar 1939

CHAPITRE IV (extraits de Madagascar, la grande île, publié 1939)

LE TOURISME

Madagascar_grande_ile_1939

Madagascar_grande_ile_1939

Madagascar est une terre a enchantement pour le touriste. La richesse de sa flore, la fougue, l’exubérance de la végétation de ses plaines orientales, les sites captivants de ses montagnes, la grandeur morne de quelques-uns de ses plateaux, le surgissement de ses cités pittoresques et colorées, l’éclat de ses couchers de soleil, les caprices de la mer qui bat ses côtes y offrent, aux yeux et à l’imagination du voyageur, des attraits sans cesse renouvelés. Il n’est pas jusqu’aux vestiges du passé d’une population déjà arrivée, avant l’occupation française, à une sorte de demi-civilisation, qui ne soient de nature à exercer sur lui une certaine puissance de séduction.

Dans l’ouvrage : Images et Réalités coloniales (Images et Rèalités coloniales, par Gaston PELLETIER et Louis ROUBAUD, avec des bois gravés de Robert Saldo. Edition André Tournon, 257, rue Saint-Honoré, à Paris.), dont nous citerons plusieurs passages, au cours de ce chapitre, il est dit, fort justement, que « grâce à la merveilleuse route que suit le chemin de fer, le voyageur peut avoir, en un seul jour, une idée générale de l’aspect du pays. En quittant, le matin, l’intense végétation du littoral, on arrive, le soir, à 1.400 mètres d’altitude, sur les plateaux rouges de l’Emyrne au milieu de monts arides, égayés cependant par la verdure des rizières ».

Un visiteur moins pressé sera toutefois bien inspiré de quitter, à l’occasion, routes et chemins de fer qui conduisent surtout aux centres les plus importants, aux villes les plus connues. Il aura intérêt à utiliser le « filanzane » malgache, à recourir aux services des « bourjanes ». Les « bourjanes », — les porteurs de Madagascar, — sont, contrairement à ce que l’on pourrait penser, heureux de leur sort. Sauf chez les peuplades encore barbares, où l’usage du costume est presque ignoré, ils sont vêtus de lambas blancs, sortes de péplums qui leur donnent l’allure de statues antiques, et coiffés crânement, sur l’oreille, de chapeaux à larges bords. Ce sont de bons enfants en qui on peut avoir la plus entière confiance. Escaladant des pentes périlleuses, traversant des rivières au courant dangereux, ils ont, à l’instar des mules, le pied sûr et accomplissent leur tâche avec autant de bonne humeur que de bonne volonté.

Le principale excursion à tenter à Madagascar est, tout de même, celle qui a pour objet la capitale du pays. On y accède parmi les fleurs : « daturas, lilas de Perse, mimosas, roses trémières sont les bordures ordinaires des chemins ». Et voici alors le spectacle qui frappe le regard :

« La cité royale, la capitale de l’île, Tananarive (Antananarivo), la grande ville rouge aux mille « guerriers », dresse à flanc de montagne ses bizarres villas construites en terre durcie, ses jardins charmants et ses hautes terrasses. Comme une couronne, au sommet, le palais en deuil de la dynastie hova, — le Manjakamiadana, — marque encore à sa vieille horloge l’heure fatale du départ pour l’exil de la dernière reine. Le boulet français qui, en 1895, sonna le glas de la reddition, a laissé, au faîte de l’édifice, la trace de sa blessure. Une construction de pierres recouvre entièrement l’antique palais de bois. Sur la grille d’entrée, un grand aigle de bronze, souvenir de Napoléon III, déploie ses larges ailes. Non loin de là, le petit palais d’argent où le premier ministre recevait autrefois les ambassadeurs et le palais de Manampisoa, ancienne demeure de Ranavalona III. Entre le Palais d’Argent et la Chapelle de la Reine, l’inimaginable case en bois à toiture détone d’Andrianampoinimerina, petite habitation barbare jusqu’à la sauvagerie, qui, sur cette terrasse, au milieu de ce groupement de constructions inspirées par notre civilisation et baptisées du nom pompeux de palais, garde bien à elle seule le caractère véritable des mœurs malgaches. »

Il faudrait pouvoir s’arrêter aux autres monuments de Tananarive : ils sont nombreux. Il faudrait réserver un instant d’attention à ses tombeaux, si curieux, à tant d’égards, aux débris de ses « rovas », vieilles fortifications, comme on en rencontre encore dans les bourgades de l’Imerina. Il faudrait, enfin, avoir le loisir de promener son regard sur l’horizon lointain « où deux lacs mettent le reflet de leur miroir bleu » où s’aperçoit, à l’Ouest, « l’émeraude des rizières », où au contraire se discerne, à l’Est, l’aspect « désertique d’un bouleversement volcanique ». Mais il y a, à Madagascar, d’autres villes et d’autres centres d’excursion.

Assise sur un mamelon verdoyant et bien abritée contre le dur vent d’Est, il y a, par exemple, à vingt kilomètres de Tananarive, Ambohimanga, la ville sacrée : « L’ombre des grands arbres contenus dans ses remparts garde toute l’histoire de son mystérieux passé. Elle fut le berceau de la monarchie hova et la maison d’Andrianampoinimerina, vide aujourd’hui, conserve encore l’allure ancienne, ne serait-ce que par les sculptures sur bois précieux, qui en font les principaux ornements et qui rappellent l’art arabe primitif. Un peu du caractère mystique d’Ambohimanga, cependant, a disparu, depuis le transfert dans le « rova » de Tananarive des corps des rois qui y furent ensevelis. Ce transfert avait été jugé indispensable par le général Gallieni pour couper court à une légende malgache qui voulait que la terre provenant de ces sépultures procurât l’invulnérabilité. Or, cette légende servait de base à toutes sortes d’intrigues auxquelles se heurtait notre civilisation. Les tombeaux en ruine sont demeurés derrière la maison royale, avec la pierre sainte que le souverain régnant avait seul le droit de toucher. A l’Ouest de ces tombeaux, se trouvent les vestiges du lieu des sacrifices, où l’on immolait les bœufs destinés, le jour de la fête du fandroana, à être envoyés aux douze collines sacrées. C’est à cet endroit que, pour célébrer le culte des ancêtres, oh adressait, à leurs mânes, des prières et des vœux. Non loin de là, dans une fosse carrée, étaient parqués les bœufs sacrés. »

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Dans cette même région centrale de Madagascar, au pays des cratères éteints, on rencontrerait encore le lac ltasy. « Le monstrueux caïman y fait contraste à la grâce divine de l’aigrette, aux grandes ailes rosées des flamants. Les pirogues des pêcheurs s’avancent prudemment sur cette nappe dangereuse, au milieu de laquelle pullule tout un peuple de poissons. » On y trouverait, également, en amont du petit village de Ramainandro, les chutes fameuses du Kitsamby. On visiterait enfin, à une faible distance du mont Vohitra, au voisinage de lacs nombreux et d’un pittoresque varié, le Vichy malgache, la ville d’Antsirabe, célèbre par ses eaux thermales.

Surtout, il serait impardonnable de négliger, sur la route d’Antsirabe à Fianarantsoa, Ambositra. C’est la ville des roses. Dans cette heureuse cité, « elles envahissent tout. Elles parfument tout, les haies, les jardins, les maisons. Elles donnent, à cette petite ville étagée, la grâce exquise et fraîche d’un bouquet. Tout est en gradins dans ces parages, même les rizières. La campagne est remarquable par ses nombreux menhirs, dont chacun porte son histoire, et par ses forêts de tapia, asiles du « landibé », araignée à soie du pays. »

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Que d’autres spectacles à contempler à Madagascar, Dans le district de Vatomandry, au village de Saivazama, au milieu d’un paysage tourmenté, solitaire et grandiose, il y a, sur la rivière Manandra, un pont naturel de 50 mètres de long qui forme une arche grandiose et excite au plus haut point l’admiration du visiteur. Un voyageur anglais, M. Kestell Cornish, écrit à ce sujet : « Lorsqu’on se tient sous le pont, dont la largeur est colossale, et qui ne le cède en rien à tout autre beau spectacle de la nature, on aperçoit deux superbes cascades surmontées d’une falaise boisée de chaque côté de la gorge. L’effet de l’ensemble défie toute description. » Un autre voyageur anglais, M. Baron, dit, de son côté : « C’est réellement une des vues les plus merveilleuses et les plus pittoresques que l’on puisse imaginer. Il est évidemment difficile de comparer avec un autre phénomène naturel de cette espèce ; mais, si le pont et ses alentours étaient situés dans les Iles Britanniques, sa réputation ne serait certainement pas hors rang avec la grotte de Fingal (Fingal’s Cave) et la « Chaussée des Géants ».

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Au nord de l’île, la région de Diégo-Suarez a, elle aussi, tout ce qu’il faut pour captiver l’attention du touriste. Il y a d’abord à voir la rode de Diégo elle-même, la plus vaste du monde, après celle de Rio de Janeiro, et où la France possède une position militaire de premier ordre. Il y a à contempler les panoramas magnifiques qui se dédoulent sous le regard des hauteurs de la montagne d’Ambre. Il y a à parcourir la belle plage d’Orangéa, à visiter la Mer des Coraux à marée basse : « La limpidité et la clarté de l’eau sont telles que l’on distingue les moindres détails du fond ; il semble que tous les objets sont vus à travers un fin cristal. C’est un splendide aquarium, un paysage féerique. Les nombreux polypiers sont roses, bleus, vert tendre, violets, rouges, rutilants même, jaune, gris, etc. Toute la gamme des couleurs y est représentée, toutes les formes de ces curieux animaux existent. »

La Mer des Coraux ne possède pas seulement des polypiers. « Toute une faune y vit et évolue : poissons, crustacés, holothuries, oursins, étoiles de mer, etc… A la surface, ce sont les nageurs de haute mer : requins gris clair, anguilles de mer aux verts reflets, carangues irisées et gracieuses, marsouins prenant bruyamment leurs ébats, sardines poursuivies par des mouettes, goélands aux ailes lanche », poissons volants traversant la surface des flots. » Dans toute la région, il y aura, en outre, à visiter des lacs, des falaises en forme de château fort, des grottes comme celles de l’Ankara, des chutes d’eau comme celles du Mahavavy.

En ayant recours, selon de savantes combinaisons, au filanzane, à l’automobile, au bateau, au chemin de fer, sans parler de la marche à pied, le touriste peut, à Madagascar, satisfaire, sous des formes très diversifiées, sa légitime curiosité et enrichir son imagination de magnifiques visions.

 

LE VOYAGE (extraits de Madagascar, la grande île, publié 1939)

Choix d’un itinéraire. — Pour bien voir Madagascar, il faudrait, débarquant à Majunga, en faire toutes les escales (par les lignes annexes des Messageries Maritimes) et rayonner autour d’elles, puis, repartant de Majunga, traverser l’île du Nord au Sud, revenir sur Tananarive et aller prendre, à Tamatave, le paquebot pour la France.

Mais cet itinéraire (peu recommandable aux voyageurs craignant la mer) serait de très longue durée, et il ne faut pas négliger que le débarquement et l’embarquement dans les rades foraines de la côte Est sont souvent difficiles, parfois impossibles, en raison des barres.

L’itinéraire conseillé ci-après donnera une vue d’ensemble suffisante de la grande île ; il a l’avantage de réduire au minimum les traversées et convient mieux aux voyageurs disposant d’un temps limité :

De Majunga, à Tamatave, par le paquebot venant de France (escales : Nosy-Bé, Diégo-Suarez) ;

De Tamatave à Tananarive, par le chemin de fer ou par la route ;         |

En auto, de Tananarive à Mananjary, Fianarantsoa, Tuléar, Fort-Dauphin, Ihosy, Farafangana, Ihosy, Tananarive ;

De Tananarive à Majunga, en auto.

Ce programme peut être facilement réalisé en trois mois à compter du départ de Marseille.

Époque du voyage. — La meilleure époque pour visiter la colonie est la saison fraîche, d’avril à novembre ; la douceur de la température (Tananarive, de 6° à 23° ; Tamatave, de 14° à 26° 3) rend les déplacements peu pénibles et permet même les excursions à pied (chasse). Par ailleurs, durant cette période (sèche dans la plupart des régions), toutes les routes praticables aux automobiles sont en très bon état.

C’est donc au printemps qu’il conviendra de s’embarquer pour Madagascar ; le mois d’avril — pendant lequel la traversée de la Mer Rouge est supportable — est particulièrement indiqué pour le départ du touriste qui désire voyager aussi confortablement que possible.

Préparation du voyage. — Retenir sa place sur le paquebot un mois à l’avance (Compagnie des Messageries Maritimes, 13, boulevard de la Madeleine, à Paris, et 3, place Sadi-Carnot, à Marseille; Nouvelle Compagnie Havraise Péninsulaire de Navigation, 10, rue de Châteaudun, à Paris).

Se faire ouvrir un compte dans une des banques qui sont une succursale ou une agence dans la colonie ; le banques permettent, en général, l’usage des lettres de crédit..

Constituer deux gardes-robes : l’une pour les hauts plateaux (vêtement demi-saison, pardessus léger, smoking de drap, chapeau de feutre, sous-vêtement de tricot), l’autre pour la côte (complet et smoking de toile blanche, costumes de toile kaki, manteau imperméable), casque colonial, en liège, à bords larges, ceinture de flanelle, lunettes à verres fumés ou teintés en jaune. En-cas, préservant de la pluie comme du soleil.

Si l’on a l’intention de camper en dehors des centres, se pourvoir d’un lit de camp avec matelas en kapok et moustiquaire, d’une cantine-popote avec ustensiles de cuisine, vaisselle, bouteille filtrante, thermos, photophore… d’une table et d’une chaise pliante, d’un seau.

Les chasseurs feront bien d’emporter des munitions, qu’on ne peut se procurer que dans les principaux centres.

Les amateurs de photographies devront également avoir leur approvisionnement de plaques ou films, s ’ils ont un appareil de format peu courant.

Il sera bon d’avoir une petite trousse de pharmacie, en vue de tournées en pays écarté des villes (quinine, aspirine, teinture d’iode, alcali, élixir parégorique, laxatifs, coton hydrophile, ouate thermogène, etc…)

Agencer ses bagages de façon à ne pas avoir de colis pesant plus de 25 kilos, pour le cas où, au hasard des excursions, il faudrait avoir recours au portage à dos d’homme.

Budget de voyage. — Les dépenses occasionnées par un voyage à Madagascar (séjour compris) ne peuvent être fixées que très approximativement. Abstraction faite du prix de la traversée, on peut estimer la dépense journalière d’un touriste moyen à 100 francs. Cette dépense s’élèvera dans des proportions assez importantes si l’on fait, seul, de grandes courses en automobile particulière.

Prix du voyage sur les paquebots des Compagnies de navigation desservant Madagascar (port de débarquement Tamatave) :

1° En 1er classe, sur paquebot des Messageries Maritimes, le prix du billet est de 12.589 fr. 50 ; en 2e  classe 9.421 fr. 50 ; en 3e classe 5.225 francs ; en 4e classe (pont) 4.402 francs. La Compagnie Havraise Péninsulaire de Navigation effectue également un service régulier. Ses tarifs sont sensiblement les mêmes que ceux des Messageries Maritimes avec la différence toutefois que les 1re classes de la Compagnie Havraise correspondent aux 2e  classes des Messageries.

Pour le retour, réduction de 25 % sur le prix de la traversée.

Ces prix ne sont donnés qu’à titre d’indication, et ils ont pu subir des modifications. 11 importe donc de se renseigner auprès des Compagnies de Navigation.

Une fois par an, la Compagnie des Messageries Maritimes organise une croisière à Madagascar, à la Réunion, à Maurice. Le coût de ce voyage, qui dure deux mois était en 1938 de 15.000 francs en 1re classe et de 12.000 francs en 2e classe.

 

HOTELS-RESTAURANTS (extraits de Madagascar, la grande île, publié 1939)

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Il n’y a pas, à Madagascar, d’hôtels de grand luxe.
Majunga. Diégo-Suarez, Tamatave, Tananarive, Antsirabe et Maevatanana sont actuellement dotés d’établissements bien tenus (prix variant de 40 à 50 francs par jour pour la chambre et la pension sans vin ; le prix de la chambre est majoré pour le voyageur qui ne prend pas ses repas à l’hôtel).
Des hôtels de deuxième ordre existent dans les villes énumérées plus haut, ainsi que dans les centres ci-après :
Comores: Dzaoudzi et Mutsamudu;
Région de Diégo-Suarez : Ambilobe;
Région de Tamatave : Tampina, Brickaville, Anivorano, Vatomandry
Région de Tananarive : Moramanga, Andreba, Ambatondrazaka, Manjakandriana, Mahitsy, Ankazobe, Arivonimano, Miarinarivo, Soavinandriana, Tsiroanomandidy, Faratsiho Region de Fianarantsoa: Ambositra, Ambohimahasoa, Fianarantsoa, Ambalavao, lfanadiana, Mananjary, Manakara;
Région de Tuléar : Tuléar, Manja, Morombe; Région de Fort-Dauphin: Fort Dauphin, Betroka, Ihosy, Ivohibe;
Région de Morondova Morondava, Belo-sur-Tsiribihina, Maintirano;
Région de Majunga : Marovoay, Port-Bergé, Mananika, Andriba, Mahatsinjo.
Dans tous ces hôtels, la cuisine n’offre rien de particulier ; elle est à peu près la même qu’en France.
Il n’existe pas de stations classées dans la colonie et il n’est perçu de taxe de séjour dans aucun centre.
M. Léon Cayla, en vue de favoriser le développement de l’industrie hôtelière à Madagascar a pris, à la date 20 juin 1934, un arrêté attribuant des primes qui varient selon l’importance des améliorations apportées par les hôteliers dans leurs établissements en ce qui concerne les conditions d’hygiène et de modernisme.

Madagascar en 1937

EXPLOITATION DES LIGNES INTÉRIEURES, POUR LE COURRIER ET LE FRET SEULEMENT, PAR LE SERVICE DE L’AERONAUTIQUE CIVILE DE MADAGASCAR EN 1937

Madagascar en 1937

Madagascar en 1937

L’avion du Service « Air-Afrique en provenance de la Métropole arrive, comme nous l’avons indiqué, le samedi matin. Le courrier est aussitôt distribué dans Tananarive ce qui permet aux Directeurs des Grandes Sociétés et Maisons de Commerce de donner aussitôt des ordres à leurs agents répartis dans l’Île. Les avions des lignes intérieures partent, en effet, de Tananarive le samedi après-midi, quand les conditions atmosphériques et l’heure d’arrivée de l’avion de la Régie Air-Atrique » le permettent.

A la même heure, les deux avions qui assurent ce service partent, l’un vers le Nord, pour toucher successivement Majunga, Port-Bergé, Antsohihy, Analalava, Ambanja, Ambilobé, Diégo-Suarez, Vohémar et Sahambava où il arrive dans l’après-midi du dimanche, à 15 h. 15.

L’autre, vers l’Ouest et le Sud, en passant successivement par Arivonimamo, Tsiroanomandidy, Ankavandra, Miandrivazo, Belo-sur-Tsiribihina, Morondava, Manja, Morombé, Tuléar, Betioky, Ampanihy, Behara (près Fort-Dauphin) Bétroka, Ihosy.

A l’aller, ces avions transportent le courrier venant d’Europe. Au retour, ils drainent le courrier pour Tananarive et pour l’Europe, un battement de trois jours permettant aux Colons éloignés et isolés de répondre courrier par par courrier. Au cours de l’année 1937, il a été transporté sur la ligne du Nord, qui fonctionne depuis le 1er janvier 1937, 13.240 kilogrammes de courrier et 1.608 kilogrammes de frêt.

Sur la ligne du Sud, ouverte au trafic le 31 octobre 1937, 1.984 kilogrammes de courrier et 995 kilogrammes de frêt. Ces chiffres témoignent du succès et de l’utilité des deux lignes intérieures.

Rabanes à Madagascar

La production et l’exportation de l’artisanat en rabane était une activité majeure à Madagascar dans le passé.

Le livre ‚Madagascar, la Grande Ile‘, publié 1939, en parle:

Artisanat Madagascar 1939_rabane

Madagascar 1939_rabane

RABANES

Centres de production : côte Est : Maroantsetra, Tamatave, Vatomandry, Mahanoro, Mananjary, Manakara, Farafangana, Vangaindrano, lfanadiana, Antalaha ; intérieur : Tananarive,  Maevatanana.

Divers types :
a) rabane betsimisaraka rayées dans le sens de la longueur de bandes voyantes ;
b) rabanes tsimihety, également rayées, mais de bandes plus étroites et de couleurs plus variées que les précédentes ;
c) rabanes sakalaves, blanches ou rayées de blanc, rouge et noir ;
d) rabanes menabe, dans lesquelles la couleur rouge  domine, mais qui  comportent  aussi des raies  noires et blanches ;
e) rabanes jabo, qui sont confectionnées sur !es hauts plateaux : ce sont des rabanes de raphia et coton ou raphia et soie.

Pays importateurs de rabanes : France, Réunion, Allemagne, Italic, lndo-chine.

Quantités exportées de Madagascar en 1937 : 477 quintaux, représentant  une valeur de 626.000 francs.

Du livre : Madagascar, la grande ile, publié 1939, page 108

chapeaux de paille

La production et l’exportation de chapeaux de paille étaient une activité majeure à Madagascar dans les années 1920 / 1930.

Madagascar la grande ile 1939

Madagascar la grande ile 1939

Le livre ‚Madagascar, la Grande Ile‘, publié 1939, en parle:

CHAPEAUX DE PAILLE

Centre de production dans la colonie : Tananarive, Majunga, Diégo-Suarez, Fianarantsoa, Fort-Dauphin, TuIéar, Morondava, Nossi-Bé.

Divers types de pailles employés :
a) paille manarana, fournie par le palmier Ravenoa ;
b) paille ahibano, fournie par une cypéracée : le Cyperus medicaulis, employée pour la confection de la plupart des chapeaux exportés ;
c) paille penjy, produite par une cypéracée de la côte Est (Lepironia mucronata) ;
d) paille  voatokana,  tirée en  général  du «dara» (Phoenix reclinata) ;
e) paille taindrodrota, foumie par ne graminée : le Sporolobus indicus ;
f) paille d’agave americana.

Alors que les chapeaux manarana, ahibano, penjy, taindrodrota et voatokana  sont tressés, ceux d’agave, dénommés a tort «chapeaux aloès», sont cousus.

En 1937, il a été exporté de Madagascar 104.631 pièces de chapeaux de paille tressée, valant 239.000 francs. Principaux pays importateurs : France, Angleterre, Allemagne.

Du livre : Madagascar, la grande ile, publié 1939, page 107

Education à Madagascar

Education à Madagascar

Histoire de la première école à Madagascar

Vous savez, on ne peut pas parler d’école sans mentionner l’éducation ou l’instruction. Autrement dit, on ne peut pas non plus parler d’instruction sans l’alphabétisation.

Avant l’avènement du roi Radama 1er (1810-1828), rien n’était consigné par écrit. L’éducation, basée sur la tradition, se faisait oralement et se transmettait ainsi d’une génération à l’autre.

Toutefois, vers 1500, les Côtes de Madagascar étaient déjà visitées par des gens venus d’ailleurs. Ces étrangers, dont les arabes, s’étaient installés particulièrement dans la partie sud-est de l’Ile et utilisaient l’alphabet arabe, connu sous le nom de « sorabe », pour communiquer.

Pour cela, ils utilisaient comme support de document, le papier antemora. Il est fabriqué à partir d’une pâte tirée de l’écorce de l’arbre vernaculaire (arbre indigène du pays appelé « havoa »). Cette écorce est pilée, mélangée avec de l’eau, puis étalée sous forme d’une fine couche de pellicule. Ensuite, elle est pressée, séchée et on obtient un parchemin.

Les premiers mots malagasy étaient donc écrits en arabe dans la région Sud-Est de Madagascar, plus précisément chez les Antemoro (Manakara, Vohipeno, Vangaindrano, Farafangana),  jusqu’à Fort Dauphin.

A la suite de son père (le grand roi Andrianampoinimerina), le roi Radama 1er était entouré de conseillers antemoro dans son palais. Ils étaient ses conseillers politiques, ou encore ses devins astrologues.

Le roi leur demandait de lui apprendre à lire et à écrire le malagasy en alphabet arabe.

Et vers 1820, avide de connaissances, le roi Radama a tissé un lien d’amitié avec les Européens (Français et Anglais). Les Anglais ont précédé les Français en menant une mission d’évangélisation sur l’île. Pour cela, il était dans leur intérêt d’apprendre à la population locale l’alphabet latin afin de faciliter la communication et d’atteindre leur but. Et le roi Radama trouvait que l’alphabet latin était plus facile à utiliser que celui de ses amis antemoro.

Ainsi il ordonnait que la langue malagasy utiliserait l’anglais pour énumérer l’alphabet (a- bi- di- e- efo- gué- haintso- i- dji- ké- el- emm- enn- ou -pi – ara- eso- ti- vé- i grika – zedra).

La prononciation des diphtongues se faisait en français. Des 26 lettres de l’alphabet français, il ne restait plus 21 lettres pour l’alphabet  malagasy. Le roi trouvait inutile l’usage du « c », du « q », du « u », du « w » et du « x ».

Education à Madagascar
Une école a donc été créée au palais pour les « zanak’andriana », les fonctionnaires et les officiers du palais. D’ailleurs,  « Sekoly », école en français, est la traduction de school en anglais.

Et pour confirmer cette belle relation entre le roi et les Anglais, de jeunes princes malagasy étaient envoyés en Angleterre pour apprendre et élargir leur instruction.

Plusieurs écoles ont été ensuite ouvertes telles qu’à Avaradrova où étudiaient de jeunes princes et même les nièces du roi.

Plus tard, des missionnaires de la LMS (London Missionary Society) ou de la MFP (Mission protestante française) ont instauré des écoles, en majorité protestantes,  à Tamatave, Fort Dauphin, Ambositra, Ambatomanga ou Antsahadinta.

Education à Madagascar
En 1881, sous le règne de la reine Ranavalona II, la scolarité était obligatoire pour tous les enfants malagasy.

Et dès le début du 20ème siècle, et par le biais du gouverneur, Général Gallieni, fondateur de l’Académie Malagasy, l’instruction devenait publique.

Les lois « Ferry » appliquées dans le pays, nouvellement colonisé, imposaient une scolarité gratuite, obligatoire et laïque, notamment pour l’enseignement primaire.

Education à Madagascar
Plus tard, des écoles taillées aux besoins des colonisateurs étaient créées. A titre d’exemple, l’école régionale de Mantasoa a une vocation agricole ou industrielle. L’école La Myre de Villers de Tananarive formait les instituteurs ou des agents subalternes de l’administration. Et l’école de médecine de Befelatana assurait la formation des médecins.

Et peu avant l’accession du pays à l’indépendance, en 1960, tous les chefs-lieux des six provinces étaient dotées de lycées publics. Et parallèlement, des écoles privées laïques ou confessionnelles, pullulaient un peu partout dans les petites et moyennes agglomérations des provinces. Elles étaient sous forme d’écoles primaires, de collèges ou de lycées privés.

Chiffres et taux d’alphabétisation

En 2005, le taux d’alphabétisation était de 66,5 % dont 59,7 % chez les femmes et 73 % chez les hommes.

Le nombre d’habitants était estimé à 19 millions, dont  27% d’urbains et 73% de ruraux.

L’écart du taux d’alphabétisation, entre les femmes et les hommes, s’explique notamment par le fait, qu’en Afrique, l’éducation des femmes est plutôt négligée par rapport à celle des hommes. Les parents, faute de moyens financiers, préfèrent soutenir l’éducation de leurs garçons au détriment de celle de leurs filles.

D’ailleurs, la faiblesse du taux d’alphabétisation est commune  dans presque tous les pays d’Afrique. Elle est, généralement, due au manque de moyens financiers des parents ou des communes, dont les écoles publiques non dotées de cars scolaires, se trouvent trop loin du village. Et les parents démunis ne peuvent malheureusement pas envoyer leurs enfants dans des écoles privées proches de leur domicile car les frais de scolarité leur sont inaccessibles

C’est ainsi qu’il est difficile d’avoir une statistique fiable, du nombre des établissements scolaires à Madagascar.

Toutefois, on sait que les établissements d’enseignement sont actuellement groupés sous l’égide, d’une part de l’Etat pour les établissements publics, et d’autre part sous la tutelle de la « DNEP » (Direction Nationale des Ecoles Privées) ou de la « DIDEC» (Direction des Ecoles Catholiques) pour les établissements privés libres ou d’obédience confessionnelle catholique.

Le système éducatif appliqué à Madagascar

Le système éducatif, actuellement appliqué à Madagascar, est calqué sur le système éducatif français.

Normalement, tous les établissements d’enseignement publics ou privés sur le territoire national, ne peuvent exercer sans une autorisation préalable de l’Etat.

Avant d’ouvrir, les établissements scolaires d’enseignement général tels que les établissements préscolaires, les écoles primaires, les collèges et les lycées, doivent se soumettre aux conditions prescrites par le ministère de l’éducation nationale, pour obtenir leur aval.

Par contre, Les écoles professionnelles et les établissements techniques, sont sous la tutelle du ministère de l’enseignement technique et professionnel.

Quant aux universités et établissements supérieurs du pays, ils sont placés sous l’autorité du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Tous les diplômes d’enseignement délivrés à Madagascar doivent être reconnus par l’Etat malagasy. E si l’établissement est à la fois agrée par le ministère de l’enseignement dont il dépend, le diplôme délivré est homologué par le ministère de la fonction publique et des lois sociales.

La délivrance des diplômes d’enseignement supérieur, suit le système  « LMD » (Licence pour bac+3, Master 1 pour bac+4, Master 2 pour bac+5 et Doctorat pour bac +6 et plus)

Les problèmes de l’éducation à Madagascar

Les problèmes de l’éducation sont multiples à Madagascar.

Dans la majeure partie des cas, les parents qui, eux-mêmes sont pauvres et peu instruits, ne trouvent pas l’avenir de leurs enfants, dans l’enseignement.

Et certains parents ont même une perception négative des écoles, dans la mesure où celles-ci  embrigadent très souvent pendant de longue période leurs enfants qui, au lieu de les aider aux champs ou dans leurs besognes, sont accaparés et retenus par leur scolarité.

En effet, grâce à la corruption, seuls les enfants des riches arrivent à atteindre le sommet de la pyramide sociale.

Mais pour cette rentrée scolaire 2020/2021, les établissements primaires existants sont débordés. Certaines localités n’arrivent même plus à accueillir la totalité des élèves inscrits.

Le nombre des élèves inscrits en classe primaire a augmenté grâce aux efforts du gouvernement :

  • L’état a doté chaque élève de kits scolaires complets gratuitement.
  • Les frais dˊinscription sont annulés
  • Des cantines scolaires sont ouvertes au niveau des établissements scolaires, surtout en primaire

Malheureusement, les infrastructures scolaires existantes n’arrivent pas à contenir tous les enfants de Madagascar.

J’en conclus que construire plus d’infrastructures écolières et des routes, donner plus de chance aux enfants malagasy d’aller à l’école en allégeant les frais d’inscription (voir les annuler) et offrir le maximum de formation possible aux enseignants seraient les trois piliers pour une meilleure qualité de l’éducation à Madagascar.

Chers lecteurs, si vous souhaitez apporter votre contribution aux enfants malagasy, vous serez les bienvenus.

Janvier 2021, écrit par Tiaray, guide de voyage PRIORI
rédigé par Bettina PRIORI Antananarivo

Manakara – Mananjary

2650 – Manakara – Mananjary

De Manakara, en allant vers le Nord-Ouest, en passant à l’intérieur des Hautes terres, puis vers le Nord-Est jusqu’à la ville de Mananjary.

En chemin, nous visitons une plantation d’épices tout en profitant de respirer l’air frais de la campagne. Et avec un peu de chance, nous trouverons des orpailleurs sur l’une des nombreuses rivières, entre Manakara et Mananjary. En effet, cette région est réputée pour l’exploitation de l’or.

Après un séjour à Manakara et une excursion sur le canal des Pangalanes, nous prenons la route nationale 12 jusqu’à la ville d’Irondro, située à environ 120 km.

En route, nous nous arrêtons devant une plantation d’épices. Nous faisons la connaissance du propriétaire des lieux. Et c’est avec plaisir et fierté qu’il nous montre les diverses épices de sa plantation.

Madagascar est également réputée comme étant l’île aux épices. Le poivre, le clou de girofle, la cannelle et la vanille sont très prisés et exportés.

Les Malgaches utilisent beaucoup les épices pour cuisiner et pour assaisonner leurs plats. Pour de nombreux Malgaches, la nourriture n’a pas de goût s’il n’y a pas de « Sakay ». Sakay est un mot malgache qui signifie « épicé ». Généralement, c’est un condiment avec plusieurs sortes d’épices dont la base est le piment.

Manakara – Mananjary
Durant ce trajet, nous traversons plusieurs rivières et nous pouvons voir de nombreuses personnes chercher de l’or sur les berges. Beaucoup de familles font ce travail comme principale source de revenus. Malheureusement, malgré un travail acharné, des heures les pieds dans l’eau et sous un soleil qui tape, ces orpailleurs ne gagnent pas beaucoup. Pourtant, beaucoup rêvent de devenir riches … Et d’autres se limitent à penser qu’au lendemain et à la manière de survire.

Les femmes aident aussi leurs maris à chercher de l’or. Et même leurs enfants s’y mettent. Toutefois, les enfants, dont les parents ont la possibilité de les envoyer à l’école la semaine, ne viennent aider que le weekend.

Il faut savoir, qu’à Madagascar, plus d’un million d’enfants ne vont pas à l’école. Dès leur plus jeune âge, ils aident leurs parents dans les champs et sur les rivières.

Manakara – Mananjary
Sur toutes les côtes de Madagascar, les femmes ont un « maquillage spécial » ou plutôt un masque d’une beauté exceptionnelle. Madagascar est un pays où le soleil est toujours au rendez-vous. Et les femmes malgaches sur les côtes veulent protéger leur visage contre le soleil. A cet effet, elles utilisent du bois de santal ou « Masonjoany », en malgache. Ce petit arbre pousse principalement sur la côte Ouest de Madagascar. Les femmes utilisent la poudre du bois de santal comme masque facial pour protéger leur visage des rayons UV, pour raffermir la peau et pour prévenir des rides. Les crèmes sont faites maison et chaque femme a sa propre recette. Avec cette crème de beauté malgache, on peut peindre différents motifs sur le visage. Les motifs sont souvent à base de fleurs ou de feuilles. Et ils sont joliment dessinés sur le front et les joues. Ces masques faciaux sont une tradition courante sur les côtes Ouest et Sud de la grande île.

De nos jours, le bois de santal est également utilisé dans les cosmétiques.

A partir d’Irondro, il ne reste plus qu’environ 50 km pour atteindre Mananjary, qui signifie ville endormie en malgache.

Janvier 2021
Texte écrit par: Koloina PRIORI Antananarivo
Rédigé par Bettina PRIORI Madagaskarhaus Basel

Street food à Antananarivo Madagascar

Je m’appelle Tiaray. Aujourd’hui, je vais vous présenter le thème « STREET FOOD à Antananarivo, la capitale de MADAGASCAR ».

Madagascar est une île de l’Océan indien. Située à l’Est du continent africain, elle est bordée à l’ouest par le canal de Mozambique et à l’est par l’Océan indien.

L’île s’étend sur une longueur Nord-Sud de 1590 km et une largeur Est-Ouest de 590 km, avec une superficie totale de 592.000 km2. La population est estimée à 22 millions d’habitants.

La capitale, Antananarivo, qui veut dire la ville des mille, engrange plusieurs systèmes de bouffe rapide dont le « STREET FOOD » que nous allons vous dévoiler, maintenant, sous ses diverses facettes.

Vous allez découvrir les goûts et les réalités quotidiennes que vit le peuple malagasy pour trouver de quoi remplir son ventre.

Nous vous emmenons dans 3 quartiers très fréquentés de la ville dont Anosy (le quartier ministériel), les 67 Ha où l’on peut facilement rencontrer les habitants des 18 ethnies du pays et enfin, Analakely, le cœur de la capitale.

Nous sommes à Anosy, au marché de Soamanatombo. Pour un petit déjeuner pris à la va-vite, le Malagasy arrive à ne pas manger un plat de riz. Les lève-tôt peuvent, à 5h, 4h et voire même à 3h du matin, se contenter  d’une tasse de thé ou de café (avec ou sans lait), accompagnée de Mofogasy, de Ramanonaka ou de Menakely qui sont fabriqués avec de la farine de riz. Vous voyez, le riz est toujours présent. Nous ne pouvons pas nous en passer.

Et s’il n’est pas très pressé, un bon Malagasy prend un ou deux plats de vary amin’anana, avec 5 à 10 centimètres de kitoza ou de saucisse en guise de petit déjeuner. Et cela se termine toujours avec une tasse de thé ou café (avec ou sans lait).

Et il y en a d’autres qui prennent des soupes bouillantes telles que Lasopy jarret, Lasopy légumes ou Lasopy dite chinoise et pourtant faite maison et à la malagasy. (La soupe se traduit « Lasopy » en malagasy)

En milieu de journée et pour tromper la faim, il grignote des sortes d’amuse-bouche comme les Caca pigeon (croquettes), des Masikita (brochettes) ou encore du Kaomposé (« composé » – une sorte d’entrée locale à base de carotte ou achards carotte, de pomme de terre et de betterave cuite à la vapeur ; on mélange le tout avec de la mayonnaise).

Avant tout, il faut d’abord comprendre que nous, les Malagasy, sommes de grands mangeurs de riz ; 3 fois par jour, si possible et si on a le temps. Mais pour le déjeuner, on prend du riz dur et sec, cuit contrairement à celui qu’on prend au petit déjeuner, vous vous souvenez du Vary aminanana ?

Il est midi et demi et c’est l’heure du déjeuner. Tout est déjà prêt depuis 10 heures du matin et on attend juste que les clients viennent commander.

Nous sommes à Anosy, toujours au marché de Soamanatombo. Ici, il y a tout ce dont on a besoin ! Nous, les Malagasy, aimons manger le riz avec plusieurs sortes d’accompagnement.  Généralement, ces accompagnements sont à base de viande de porc, de zébu ou de poisson et sont mélangés avec diverses variétés de grains secs dont les haricots, les pois du cap, les pois de Bambara (Voanjobory) ou les lentilles (Voanemba, Tsiasisa). Les viandes peuvent aussi être mélangées avec des légumes tels que les choux, la carotte, la cristophine ou tout simplement avec des brèdes endémiques comme l’Anamalaho, et l’Anamadinika, qui poussent naturellement dans les champs. Hum, « Matsiro ! » C’est délicieux non ?

Dans ce système de Street Food, le prix d’un plat de riz varie de 2000 à 3000 Ariary, soit moins d’un euro. L’Ariary est notre monnaie nationale. Et actuellement, un euro est équivalent à 4600 Ariary.

Et nous disons MAZOTOA !! (qui se prononce « MAZTOU »). Ce qui signifie « Bon appétit »

Pour le dessert, à part la banane que l’on trouve tout au long de l’année, on a toujours des fruits de saison que l’on peut transformer en salade de fruits (mélange d’au moins 3 sortes de fruits) comme la banane mélangée avec de la pastèque, de la papaye ou de la mangue. C’est à vous de faire le choix. C’est délicieux non ?

Mais je veux préciser que tous ces aliments que j’ai cités sont tous préparés avec soin et vous pouvez les manger tout de suite. Vous n’avez pas besoin d’attendre, on vous les sert rapidement.

Pour se détendre en fin d’après-midi, et en Afterwork, on se retrouve pour manger des grillades et des brochettes. Allez au 67 Ha, chez « Super Milomboko », la bonne adresse à ne pas rater. Et dégustez « chez Abdoul », le Pakopako, une sorte de crêpe souple et tendre mais dans la pâte est quand même beaucoup plus épaisse. C’est une spécialité de la partie Nord de Madagascar mais qui est très prisée dans la capitale. On le mange avec des rondelles de concombre finement tranchées (achards de concombre) et du Moussakiki (brochette de viande de zébu). Ces diverses recettes sont accompagnées de boissons de la société STAR, dont la fameuse bière THB, internationalement connue.

Vous voyez, outre les boissons comme le Fanta, le Soda ou encore le Coca cola, on a également le jus frais de Vesou. C’est du jus de canne à sucre accompagné de zeste de citron ou de gingembre, pour donner un peu de goût. Après le dur travail de la journée ou la routine quotidienne, on a besoin d’un peu de sucre pour renouveler notre énergie. Et voilà le Vesou ! C’est un délice ! Et c’est énergisant, je vous assure ! Vous en trouverez à Analakely, le cœur de la capitale. Et je vous invite d’y goûter. Je vous recommande même de goûter toutes ces recettes une fois que vous passiez à Tana.

Notre émission touche à sa fin. Je vous remercie de l’avoir suivie et j’espère que cela vous a plu.

Je vous souhaite une merveilleuse année 2021. Merci et à très bientôt !

Tiray, guide de l’agence PRIORI à Antananarivo

 

Fatapera Madagascar

FATAPERA 

Presque la majorité de la population malgache n’a pas le moyen d’utiliser des réchauds à gaz ou électrique, car malheureusement plusieurs lieux à Madagascar n’ont pas accès à l’électricité. Le premier et pour le moment le seul fournisseur d’électricité officiel à Madagascar est la « compagnie nationale d’eau et d’électricité » JIRAMA, qui est aussi entièrement gérée par l’état malgache.

Etant donné qu’elle est la seule distributrice d’électricité dans tout le pays, le courant fourni est malheureusement très cher mais aussi insuffisant. Actuellement, les coupures d’eau et d’électricité font partie de la vie quotidienne des citadins. Donc, la meilleure solution pour la cuisson des aliments c’est le « fatapera » !

Etymologiquement, le mot « Fatapera » vient d’une combinaison de deux mots malgaches « Fatana » qui signifie réchaud et « fera » ou fer, ce qui donne le mot « Fatam-pera », mais on a l’habitude d’écrire ou de prononcer « Fatapera », comme çà c’est aussi plus facile.

Le Fatapera est un « ustensile à cuisine » en forme d’une potière ou d’une cuve réfractaire avec un « karakara » ou une « grille » au milieu avec des supports dans la partie supérieure permettant de poser la marmite ou la poêle ou la casserole. La plupart des malgaches à la campagne comme dans les grandes villes utilise ce réchaud traditionnel pour cuire les aliments. Ceci est très facile à utiliser et aussi valable pour toutes les classes sociales. Le fatapera fonctionne seulement au charbon de bois en malgache « arina fandrehitra». Pour allumer le charbon, on aura besoin de quelques morceaux de bois ou du papier, on les allume et c’est parti… On a maintenant assez d’énergie pour la cuisson!

La principale source combustible à Madagascar est le charbon de bois. Car les appareils électroménagers ne sont pas toujours à la portée de tous. Par contre, la source d’énergie au charbon est financièrement accessible à tous les malgaches, car le coût d’un sac de charbon varie entre 10 000 Ariary à 25 000 Ariary soit entre 3 à 6 Euro. Une famille de 4 personnes consomme à peu près 1,5 ou 2 sacs de charbon par mois. Ce qui est bien plus abordable que le gaz ou l’électricité.

Par ailleurs, le charbon de bois est l’un des facteurs qui accélère la destruction rapide de l’environnement, des forêts et des biodiversités de Madagascar. Donc pour réduire la consommation du charbon, il y a différentes associations environnementales à Madagascar, qui sensibilisent les gens à utiliser le « fatapera mitsitsy », celui-ci économise le charbon.

Dans chaque habitation à Madagascar, on peut y trouver au moins un fatapera. Ceci est très pratique et aussi plus rapide que d’autres appareils à cuisson. En effet, il y a deux types de fatapera : il y a l’ustensile rudimentaire fabriqué en métal ou en tôle de fer, qui est souvent disponible en forme carrée. Ce type de réchaud consomme beaucoup plus de charbon mais il diffuse beaucoup d’énergie que les autres et est donc plus rapide. L’autre type de réchaud c’est le fatapera fabriqué à base « d’argile cuite », qui est aussi très connu sous le nom « fatapera mitsitsy». Ce réchaud permet de consommer moins de charbon car l’argile absorbe mieux la chaleur que le fer. Généralement, ceci a une forme circulaire et c’est aussi plus cher que le simple fatapera, le coût de ce réchaud économe varie entre 1 à 6 Euro, selon la qualité.

Ce « cuiseur économe » joue un rôle très important dans la cuisine malgache. Lors d’une petite promenade dans la ville d’Antananarivo, on constate que les fatapera sont indispensables pour les petites gargotes de la ville. Les marchands s’installent partout sur le trottoir, avec leurs réchauds et leurs marmites dans lesquelles on y trouve des soupes, du riz avec des légumes, des viandes et même des patates douces, du maïs, du manioc, etc… Ils utilisent aussi ce réchaud pour les fritures comme les beignets de bananes ou des légumes, pomme de terre et aussi pour les fameuses « maskita » ou brochettes et surtout pour les grillades… Sûrement même dans les grands restaurants, ce cuiseur typiquement malgache est aussi très utile. Comme il est très facile à porter, la famille malgache a l’habitude d’en apporter un lors d’une petite excursion hors de la ville… En pleine nature, accompagnée par un son de musique tropicale, elle fait griller des viandes ou des « maskita » à base de viande grasse et des petits légumes sans oublier la sauce de pistache un peu piquante qui va avec… Chez nous on dit souvent que les aliments cuits par le fatapera ou par le feu de bois sont les plus délicieux !

Octobre 2020, écrit par Fanasina, PRIORI Antananarivo

Madagascar: les ponts sur les rivières de Betsiboka et de Kamoro

Madagascar_Kamoro_ponts

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Madagascar: les ponts sur les rivières de Betsiboka et de Kamoro

Au départ d’Antananarivo, la route nationale 4 (RN4), qui mène vers le nord, passe par la ville de Maevatanana. Cette bourgade est considérée comme la frontière des hauts plateaux et de la plaine côtière. Maevatanana est également la capitale de la région de Betsiboka. Homonyme du fleuve, la région de Betsiboka traverse le territoire dans la direction Sud au Nord.

La petite ville de Maevatanana se trouve à seulement 70 mètres d’altitude, à l’Est de la rivière d’Ikopa; celle-ci approvisionne la capitale en eau potable. A 40 km au nord de Maevatanana, l’Ikopa se jette dans le fleuve de Betsiboka, qui à son tour se jette dans le grand delta intérieur de Majunga.

Madagascar: les ponts sur les rivières de Betsiboka et de Kamoro

Le pont sur le fleuve de Betsiboka
A 20 km à l’Est de la ville de Maevatanana, au PK 336 + 700, un pont rectiligne en acier surplombe le fleuve déchainé de Betsiboka.
A cet endroit, en 1934, un premier pont suspendu, d’une portée de 130 mètres, a été construit par une entreprise française du nom de Leinekugel Le Coq.

Madagascar_Betsiboka_pont

Madagascar_Betsiboka_pont

 

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce pont suspendu a été endommagé par les troupes de Vichy qui battaient en retraite.

La partie centrale du pont était dans l’eau. Mais le 11 Septembre 1942, les armées britannique et sud-africaine, en approche, ont quand même pu emprunter la chaussée effondrée ; et cela malgré les bombardements de l’armée française de Vichy.

Le pont en fer, gravement endommagé pendant la guerre, a été démoli. Et un simple pont métallique, de style Bailey, avec des entretoises métalliques en forme de treillis, a été construit au même endroit.

Le pont, à voie unique, d’une longueur de 280 mètres, fonctionne toujours et a été rénové en 2015. Ce pont relie la route nationale 4 et montre un paysage spectaculaire sur les cascades et les rapides qui débouchent progressivement dans la gorge du fleuve de Betsiboka. Pendant la saison des pluies, lors des crues, le fleuve se déchaîne et d’énormes quantités d’eau se jettent vertigineusement sur les rochers en formant de la mousse. Un moment exceptionnel ! En saison sèche, les eaux sont moins tumultueuses. Toutefois, elles restent de couleur rouge, la couleur de l’érosion.

 

Madagascar: les ponts sur les rivières de Betsiboka et de Kamoro
Le pont sur la rivière Kamoro

Madagascar_Kamoro

Madagascar_Kamoro

Au PK 406, l’imposant pont suspendu surplombe la rivière de Kamoro à 206,5 mètres. Il a été également construit par la société Gaston Leinekugel Le Cocq.
(L’entreprise a construit trois ponts suspendus en fer à Madagascar entre 1931 et 1934 : Mananjary, Betsiboka et Kamoro.)

Le pont suspendu sur la rivière de Kamoro a une portée de 206,5 mètres. Les 12 câbles de fixation passent sur les deux pylônes métalliques de 22,7 mètres au dessus de la chaussée. Les suspentes posées sur les 2 chaussées maintiennent les câbles suspendus et sont fixées avec des sellettes.
Le solide pont a été construit avec 876 tonnes de fer. Alors qu’un pylône a été bâti sur un soubassement près du rivage, l’autre repose sur un mur de soutènement. De là, un pont d’accès de 56 mètres débouche sur la route. Et la chaussée, de 4 mètres de large et d’une longueur totale de 262,5 mètres, empêchait depuis toujours les voitures de se croiser.
Le pont vieillissait peu à peu. Il formait de plus en plus un « goulot d’étranglement » à voie unique entre la capitale et le nord, à travers lequel environ 1000 véhicules se frayaient un chemin chaque jour. Il n’y avait pas d’autre alternative : c’était le seul pont sur les 145 km le long du fleuve Kamoro.

L’image du pont suspendu de Kamoro illustre les nouveaux billets de banque de 1000 Ariary, en Septembre 2017.

En 2017, ce pont bien usé a été rénové par l’entreprise Eiffage TP. La rénovation était financée par la Banque Mondiale.

La Société Eiffage est un conglomérat français, créé en 1993 par fusion, aux origines duquel appartient, avec de nombreuses autres entreprises de construction, la société Gustave Eiffel (Tour Eiffel à Paris).
Le pont est un témoignage de la culture industrielle et mérite d’être préservé.
Malgré que ce pont n’ait pas été construit par Eiffel, la population l’a quand même surnommé « le pont Eiffel » en raison de son architecture en fer.

Eiffage TP a également obtenu le contrat de construction d’un nouveau pont de 265,5 mètres de long, à proximité de l’ancien pont. Cette construction a aussi été financée par la Banque Mondiale. Les travaux ont duré deux ans et se sont déroulés sans aucun incident.
Ses piliers en béton, qui dépassent de 36 mètres au-dessus de la chaussée, semblent plus légers et plus fragiles que les pylônes de fer à côté. La chaussée à deux voies, large de 7 mètres, s’étend sur 206 mètres entre les piliers et un lit de fer boulonné. 80 kilomètres de câbles en acier ont été nécessaires et 4 600 m3 de béton ont été utilisés.

Le nouveau pont suspendu a été construit à 14 mètres, seulement, de l’ancien pont.
Le nouveau pont fut inauguré le 17 juillet 2017. Et le président de la République de l’époque a déclaré : «Les deux édifices symbolisent le passé et l’avenir. Nous ne devons pas oublier ce qui a été fait dans le passé pour continuer le développement de notre pays ».